LE SECRET DERRIERE LA MATIERE

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Le sujet que nous allons aborder maintenant révèle un point extrêmement important. Si vous le lisez attentivement et vous le comprenez bien, ce texte changera fondamentalement le point de vue que vous pouvez avoir sur le monde extérieur. Ce texte contient plus qu’un point de vue, une approche différente ou une idée philosophique; il contient une vérité précise qui est aujourd’hui reconnue par la science.

Un fait scientifique : Le monde extérieur se forme dans le cerveau

Nous sommes conscients que les différentes caractéristiques de ce monde sont perçues grâce à nos organes sensoriels. Les informations collectées par ces organes sont converties en signaux électriques, et chaque partie de notre cerveau les analyse et les traite. Après que ce processus d’interprétation ait eu lieu à l’intérieur de notre cerveau, nous allons par exemple lire un livre, goûter une fraise, sentir une fleur, toucher la texture d’un tissu en soie ou entendre le bruit des feuilles malmenées par le vent.

On nous a appris que les vêtements que nous touchons sont à l’extérieur de notre corps, comme le livre que nous tenons à 30 centimètres de nous, ou le parfum des arbres pourtant loin de nous ou encore le bruit des feuilles des arbres qui s’agitent dans le lointain. Cependant, tout ceci n’est que dans notre imagination. Tous ces événements se forment dans notre cerveau.

A ce stade, nous faisons face à un autre fait étonnant ; il n’existe aucun son, aucune couleur ou image dans notre cerveau. Tout ce que l’on peut trouver dans notre cerveau, ce sont des signaux électriques. Ceci n’est pas une spéculation philosophique. C’est tout simplement la description scientifique de nos fonctions sensorielles. Dans son livre Atlas du cerveau – Neurosciences du comportement : les nouveaux savoirs et leurs conséquences, Rita Carter, journaliste scientifique, explique la manière dont nous percevons le monde :

Commençons par le commencement : nos organes sensoriels –yeux, oreilles, nez, langue et récepteurs somato-sensoriels de l’épiderme. Chacun est spécialement adapté à son propre type de stimulus : molécules, ondes ou vibrations. L’explication que nous cherchons n’est pas ici, car malgré leur fantastique diversité, ces organes accomplissent tous le même travail : ils traduisent le type de stimulus qu’ils reçoivent en impulsions électriques. Et toutes les impulsions se ressemblent. Il n’est nullement question de la couleur rouge ou des premières notes de la Cinquième Symphonie de Beethoven – mais d’énergie électrique. En fait, les organes des sens ne discriminent pas les influx sensoriels ; au contraire, ils les rendent homogènes.1

Tous les stimuli sensoriels pénètrent dans le cerveau sous forme d’impulsions électriques qui, comme la chute en cascade d’une rangée de dominos, se transmettent de neurone à neurone le long d’un circuit particulier. Rien de plus. Au bout du trajet, aucun transformateur ne convertit à nouveau cette activité électrique en ondes ou en molécules. Ces courants électriques aboutiront à la vision ou à l’odorat selon le type des neurones stimulés.

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En d’autres termes, toutes les perceptions que nous avons dans ce monde (vue, odorat, goût, etc.) sont issues de la même matière, c’est-à-dire de signaux électriques. En outre, c’est notre cerveau qui traduit ces signaux pour nous et les transforme en odeur, goût, image, son ou toucher. Il est étonnant de constater que le cerveau, qui est fait de chair, puisse déterminer quel signal électrique doit être interprété en tant qu’odeur et quel signal en tant que vision, et puisse traduire ce matériel en sensations et sentiments tellement différents.

Observons maintenant nos organes sensoriels et la manière dont nous percevons le monde.

Nous vivons notre vie entière au sein de notre cerveau. Les gens que nous voyons, les fleurs que nous sentons, la musique que nous écoutons, les fruits que nous savourons, l’humidité sur nos mains… Tout ceci se forme dans notre cerveau. En réalité, ni les couleurs, ni les sons, ni les images existent dans notre cerveau. Les seules choses présentes dans le cerveau sont les signaux électriques. Cela signifie que nous vivons dans un monde formé de signaux électriques dans notre cerveau. Ce n’est ni une option, ni une hypothèse, mais l’explication scientifique de la manière dont on perçoit le monde.

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Ce ne sont pas nos yeux qui voient, mais c’est plutôt notre cerveau

En raison de l’éducation que nous avons reçue tout au long de notre vie, nous imaginons que nous voyons le monde avec nos yeux. Finalement, nous arrivons généralement à la conclusion suivante ; nos yeux sont une fenêtre sur le monde. Mais, la science nous prouve que nous ne voyons pas avec nos yeux. Les millions de cellules nerveuses situées à l’intérieur des yeux sont responsables de la transmission des messages au cerveau, comme le long d’un câble, afin de faire « voir » ce qui se passe. Si nous analysons l’information que nous avons apprise au collège, il est alors plus facile de comprendre la réalité de la vision.

La réflexion de la lumière d’un objet à travers le cristallin de l’œil, génère une image inversée sur la rétine située à l’arrière du globe oculaire. Après quelques processus chimiques produits par les bâtonnets et les cônes rétiniens, cette vision se transforme en impulsion électrique. Cette impulsion est alors transmise par les influx au système nerveux situé à l’arrière du cerveau. Le cerveau traduit cet influx en une vision représentative et tridimensionnelle.

Par exemple, lorsque vous observez les enfants qui jouent dans un parc, vous ne voyez pas les enfants et le parc avec vos yeux, car l’image de cette vision ne se forme pas devant vos yeux, mais à l’arrière de votre cerveau.

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Une personne qui observe un enfant en train de jouer avec une balle ne le voit pas avec ses yeux. Les yeux sont seulement responsables d’acheminer la lumière à l’arrière des yeux. Lorsque la lumière atteint la rétine, une vision inversée bidimensionnelle de l’enfant se forme dans la rétine. Ensuite, cette vision de l’enfant est convertie en courant électrique, qui est ensuite transmit vers le centre de la vue au fond du cerveau, là où l’image de l’enfant est parfaitement recréée en trois dimensions.

Malgré cette explication simple, la physiologie de la vue est en réalité un processus extraordinaire. Immanquablement, la lumière est convertie en signaux électriques, lesquels révèlent par la suite un monde lumineux, tout en couleurs et en trois dimensions. R. L. Gregory, dans son livre Eye and Brain : The Psychology of Seeing reconnaît ce fait important, et explique ainsi cette incroyable structure :

Nous recevons de minuscules images déformées et inversées dans les yeux, et nous voyons des objets solides distincts dans notre environnement. A partir de simulations rétiniennes, nous percevons le monde des objets, et ceci est ni plus ni moins un miracle.2

Toutes ces constatations nous mènent à la même conclusion. Au cours de notre vie, nous avons toujours supposé que le monde existait en dehors de nous. Cependant, le monde est à l’intérieur de nous. Bien que nous croyions que le monde se trouve à l’extérieur de nous, il se situe dans la plus petite partie de notre cerveau. Par exemple, le dirigeant d’une société peut considérer que l’immeuble de son entreprise, sa voiture dans le parking, sa maison en bord de mer, son yacht et toutes les personnes qui travaillent pour lui, ses avocats, sa famille et ses amis, tous ces éléments sont à l’extérieur de son corps. Cependant, toutes ces choses ne sont que des visions qui se forment dans son crâne, dans une partie minuscule de son cerveau.

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Ce qui est démontré ici, c’est que chaque personne durant sa vie est spectateur de tout ce qui lui arrive à l’intérieur de son cerveau et à aucun moment ne peut être en contact direct avec les différents objets matériels qui soi-disant créent son expérience. Les images que nous voyons sont des copies dans notre cerveau des objets dont nous supposons qu’ils existent à l’extérieur de nous. Nous ne pouvons jamais savoir dans quelle mesure ces copies ressemblent aux originaux, ou si les originaux existent eux-mêmes.

Médecin et journaliste allemand Hoimar Von Ditfurth reconnaît ce fait scientifiquement :

Peu importe la manière d’argumenter, le résultat ne change pas. Ce qui se tient devant nous dans toute sa dimension et ce que nos yeux voient n’est pas le « monde ». Ce n’est qu’une image du monde, une ressemblance, une projection dont la combinaison avec l’original est sujette à discussion.3

Par exemple, lorsque vous jetez un coup d’œil à la pièce où vous êtes assis, ce que vous voyez n’est pas la salle extérieure à vous, mais une copie de la salle qui existe dans votre cerveau. Vous ne pourrez jamais voir la salle originale avec vos organes sensoriels.


Comment une image lumineuse et colorée peut apparaître dans un cerveau complètement sombre ?

Il existe un autre point qui ne doit pas être négligé ; la lumière ne peut pas passer à travers le crâne. La zone où se situe le cerveau est complètement sombre, et la lumière ne peut y pénétrer. Cependant, aussi incroyable que cela puisse paraître, il est possible d’observer un monde tout en couleur et lumineux dans cette obscurité totale. Cette nature magnifique tout en couleur, ces images éclatantes, ces tons de vert, ces couleurs de fruits, toutes ces formes de fleurs, cet éclat du soleil, ces personnes marchant le long d’une route à grande circulation, ces voitures qui passent à grande vitesse sur les routes, ces vêtements dans ce centre commercial – tous ces éléments se forment dans un cerveau sombre.

Imaginez-vous devant un barbecue allumé. Vous pouvez vous asseoir et contempler des heures les flammes du barbecue, mais au cours de ce moment, votre cerveau n’aura jamais affaire avec l’original de la lumière, de l’éclat ou de la chaleur du feu. Même lorsque vous ressentez la chaleur du feu et observez son éclat, l’intérieur de votre cerveau demeure sombre et garde une température constante. Le mystère demeure sur le fait que dans l’obscurité, les signaux électriques se transforment en images pleines de couleurs et lumineuses. Toute personne qui s’interroge sur ce phénomène sera fascinée par cette occurrence merveilleuse.


 En dehors de notre cerveau, la lumière, les sons, les couleurs n’existent pas ; seule l’énergie existe

Bien qu’il ait été prouvé scientifiquement que nos sens se forment à l’intérieur de notre cerveau, nombreux sont ceux qui prétendent que les originaux des images que nous voyons existent en dehors de notre cerveau. Ils ne seront cependant jamais capables de prouver leurs dires. Malgré ce qu’ils avancent, la lumière, les sons et les couleurs n’existent pas en dehors. La lumière existe uniquement à l’extérieur sous forme d’ondes d’énergie et de paquets d’énergie. Nous ne devenons conscients de la lumière que lorsqu’elle atteint la rétine. De même pour le son. Les sonorités sont des ondes d’énergie. Le son se forme quand ces ondes d’énergie atteignent nos oreilles et sont ensuite transmises à notre cerveau. Il n’y a pas de couleurs non plus à l’extérieur. Lorsque nous disons cela, certains s’imaginent probablement d’une vision en noir, blanc et gris, alors que même le noir, le blanc et le gris représentent des couleurs. A l’extérieur de notre cerveau, ces couleurs n’existent pas non plus. Des ondes d’énergie de puissance et de force différentes existent. Ces ondes d’énergie sont ensuite converties en couleurs à travers les cellules dans l’œil et le cerveau.

La physique quantique est une autre branche de la science qui montre que les propos en faveur de l’existence de la matière ne sont pas justifiés. La découverte la plus importante révélée par la physique quantique est le fait que la matière est vide à 99,9999999%. Au cours de ses études en physique et psychologie, Peter Russell fait souvent des commentaires sur la conscience humaine. Dans un essai adapté de son livre (From Science to God), Russell explique la vérité de cette manière :

« Prenez, par exemple, nos idées à propos de la nature de la matière. Pendant deux mille ans, on a cru que les atomes étaient des balles minuscules de matière solide – un modèle clairement tiré de l’expérience quotidienne. Ensuite, à mesure que les physiciens découvraient que les atomes étaient composés de particules subatomiques plus élémentaires (électrons, protons, neutrons etc.), le modèle bascula vers un noyau central entouré d’électrons en orbite – encore une fois un modèle basé sur l’expérience.

Un atome peut être petit, à peine un milliardième de pouce de diamètre, mais les particules subatomiques sont cent mille fois plus petites encore. Imaginez le noyau d’un atome grossi à la taille d’un grain de riz. Le même atome aurait la taille d’un stade de foot et les électrons seraient d’autres grains de riz volant dans les tribunes. Comme l’avait indiqué le physicien anglais du début du vingtième siècle Si Arthur Eddington:

« La matière est principalement un espace vide fantomatique » –99,9999999% d’espace vide pour être un peu plus précis.

Avec l’avènement de la théorie quantique, il fut découvert que même ces infimes particules subatomiques étaient elles-mêmes loin d’être solides. En fait, elles ne sont pas vraiment de la matière – ou tout du moins pas de la matière telle que nous la connaissons. Elles ne peuvent pas être épinglées et mesurées précisément. Elles sont plus comme des nuages flous d’existence potentielle, sans localisation définie. La plupart du temps elles semblent plus être des ondes que des particules (Peter Russell, Le mystère de la conscience et la signification de la lumière (The mystery of consciousness and the meaning of light), 12 octobre 2000, http://www.arlingtoninstitute.org/futureedition/From_Science-To-God.htm)

Tandis que certains continuent à prétendre que ce qu’ils voient dans leur cerveau existe à l’extérieur, la science nous montre qu’au-delà des confins du cerveau, il n’existe que des ondes d’énergie et des paquets d’énergie. Au-delà de notre cerveau, il n’y a ni lumière, ni son, ni couleurs. En outre, les atomes et les particules subatomiques formant un matériau sont en réalité des groupes lâches d’énergie. Bien que certains croient en l’existence de la matière, la matière est constituée d’espace.


La lumière se forme aussi au niveau de notre cerveau

Alors que nous parlons des progrès de la science en matière de vision, nous avons indiqué que la lumière que nous recevons de l’extérieur provoque des mouvements des cellules oculaires, et ils forment une trame à partir de laquelle notre expérience visuelle apparaît. Cependant, il y a un autre point que nous devons aborder : La lumière, telle que nous la percevons, ne réside pas à l’extérieur de notre cer veau. La lumière que nous connaissons et savons expliquer se forme également dans notre cerveau. Ce que nous appelons lumière dans le monde extérieur, située prétendument à l’extérieur de notre cerveau, se compose d’ondes électromagnétiques et de particules d’énergie appelées photons. Lorsque ces ondes électromagnétiques ou photons atteignent la rétine, la lumière telle que nous la connaissons, commence à apparaître. La lumière est décrite ainsi en sciences physiques :

Le terme « lumière » est employé pour les ondes électromagnétiques et les photons. Le même terme est utilisé en physiologie, en tant que sentiment éprouvé par une personne lorsque les ondes électromagnétiques et les photons heurtent la rétine. En termes objectifs et subjectifs, la « lumière » est une forme d’énergie apparaissant dans l’œil d’une personne, qui se matérialise à travers la rétine par la vision.4

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Par conséquent, l’existence de la lumière est le résultat d’effets provoqués par des ondes électromagnétiques et des particules dans notre cerveau. En d’autres termes, il n’y a pas de lumière à l’extérieur de notre corps qui crée la lumière que nous voyons dans notre cerveau. Il y a seulement de l’énergie. Et lorsque cette énergie pénètre dans notre cerveau, nous voyons un monde tout en couleur, radieux et lumineux.

L’intérieur du cerveau est dans l’obscurité totale. La lumière ne pénètre pas à l’intérieur du cerveau.


 Les couleurs se forment aussi dans notre cerveau

Depuis notre naissance, nous vivons dans un environnement et un monde tout en couleur. Cependant, il n’existe pas une seule couleur dans l’univers. Les couleurs se forment dans notre cerveau. A l’extérieur, il n’y a que des ondes électromagnétiques aux amplitudes et fréquences variables. Ce qui pénètre notre cerveau, c’est cette énergie produite par ces ondes. Nous l’appelons « lumière », bien que ce ne soit pas la lumière que nous connaissons éclatante et lumineuse. Ce n’est que de l’énergie. Lorsque notre cerveau traduit cette énergie en mesurant les différentes fréquences des ondes, nous voyons des « couleurs ». En réalité, la mer n’est pas bleue, l’herbe n’est pas verte, le sol n’est pas brun et les fruits ne sont pas colorés. Ils apparaissent ainsi en raison de la manière dont nous les percevons dans notre cerveau. Daniel C. Dennett, célèbre pour ses livres traitant du cerveau et de la conscience, résume ainsi ce fait mondialement reconnu :

L’opinion la plus répandue est que la science moderne a enlevé les couleurs du monde physique, les remplaçant par un rayonnement électromagnétique incolore aux différentes longueurs d’ondes.5

Dans son livre The Amazing Brain, R. Ornstein et R. F. Thompson ont affirmé que ces couleurs se forment ainsi :

Ce genre de « couleurs » n’existe pas dans le monde ; elles existent seulement dans l’œil et le cerveau du spectateur. Les objets reflètent de nombreuses longueurs d’ondes de lumière différentes, mais ces ondes lumineuses n’ont elles-mêmes aucune couleur.6

Afin de comprendre ceci, il faut expliquer notre manière de percevoir les couleurs. La lumière du soleil atteint les objets et chaque objet renvoie cette lumière sous forme d’ondes de différentes fréquences. Cette lumière aux fréquences variables arrive jusqu’à l’œil. (Rappelez-vous que le terme « lumière » se rapporte en fait ici aux ondes électromagnétiques et aux photons et non à la lumière qui se forme dans notre cerveau.) La perception de la couleur commence dans les cellules de cône rétinien. Dans la rétine, il y a trois types de cellules coniques, chacune réagissant aux différentes fréquences de la lumière. Le premier est sensible à la lumière rouge, le second à la lumière bleue, et le troisième à la lumière verte. A partir des différents niveaux de stimulations de ces cellules coniques, des millions de couleurs différentes sont formés. Cependant, la lumière parvenant aux cellules coniques ne peut à elle seule former des couleurs. Comme l’explique Jeremy Nathans de l’Université médicale John Hopkins, les cellules de l’œil ne forment pas les couleurs :

Tout ce qu’un simple cône peut faire, c’est de capturer la lumière et de vous renseigner sur son intensité. Il ne vous indique rien sur la couleur.7

Grâce à leurs pigments, les cellules coniques interprètent les données des couleurs sous forme de signaux électriques. Les cellules nerveuses connectées aux cellules coniques transmettent ces signaux électriques vers une zone spécifique du cerveau. La zone où nous voyons un monde en couleur tout au long de notre existence est cette zone spécifique qui se situe dans le cerveau.

Ceci prouve qu’il n’y a aucune couleur ou lumière en dehors de notre cerveau. Il y a seulement de l’énergie qui se déplace sous forme d’ondes électromagnétiques et de particules. La couleur et la lumière n’existent que dans notre cerveau. En fait, nous ne voyons pas une rose rouge en tant que rouge, simplement parce qu’elle est rouge. L’interprétation par notre cerveau de l’énergie qui atteint l’œil nous fait percevoir que la rose est de couleur rouge.

L’achromatopsie prouve que les couleurs se forment dans notre cerveau. Une petite lésion bénigne de la rétine peut mener à l’achromatopsie. Une personne atteinte d’achromatopsie est incapable de distinguer le vert du rouge. Qu’un objet externe soit coloré ou non n’est pas important, car la raison pour laquelle nous voyons les objets en couleur ne s’explique pas par le fait qu’ils le soient. Ceci nous mène à la conclusion que toutes les propriétés qui caractérisent un objet ne se trouvent pas dans le monde extérieur, mais dans notre cerveau. Cependant, puisque nous ne serons jamais capables d’aller au delà de nos perceptions pour pouvoir atteindre le monde extérieur, nous ne pourrons donc jamais prouver l’existence de la matière et des couleurs. Le célèbre philosophe, Berkeley, reconnaît ce fait et l’exprime en ces termes :

Si les mêmes choses peuvent être rouges et chaudes pour certains et pour d’autres exactement l’inverse, ceci signifie que nous sommes sous l’influence d’idées fausses et que ces « choses » existent seulement dans notre cerveau.8

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Il n’y a pas de couleurs dans le monde extérieur. Les couleurs sont uniquement formées dans le cerveau de l’observateur. Seuls des paquets d’énergie de diverses longueurs d’ondes existent dans le monde extérieur. C’est notre cerveau qui transforme cette énergie en couleurs.


 On entend tous les sons au niveau du cerveau

Le processus d’audition fonctionne de la même manière que celui de la vision. En d’autres termes, nous entendons les sons dans notre cerveau de la même manière que nous percevons visuellement le monde extérieur. L’oreille capte les sons environnants et les transmet à l’oreille moyenne. Celle-ci amplifie les vibrations des sons et les transmet à l’oreille interne. Cette dernière transforme les vibrations sonores en impulsions électriques, en se basant sur leur fréquence et leur intensité, pour ensuite les transmettre au cerveau. Une fois ces messages dans le cerveau, ils sont alors dirigés vers le centre auditif où les sons sont interprétés. Par conséquent, le processus d’audition se produit principalement au centre auditif, à l’instar du processus de vision qui lui se déroule dans le centre visuel.

Les sons réels n’existent donc pas en dehors de notre cerveau, bien qu’il existe des vibrations physiques que nous appelons ondes sonores. Ces ondes sonores ne sont pas transformées en sons à l’extérieur ou à l’intérieur de nos oreilles, mais plutôt à l’intérieur de notre cerveau. De la même façon que le processus visuel n’est pas effectué par nos yeux, le processus d’audition n’est pas non plus accompli par nos oreilles. Par exemple, lorsque vous discutez avec un ami, vous observez dans votre cerveau l’image de votre ami, et entendez sa voix dans votre cerveau. Cette vision qui se forme dans votre cerveau, vous donnera alors le sentiment réel d’une vision tridimensionnelle et vous entendrez également la voix de votre ami avec ce même sentiment de réalité. Vous pourrez voir par exemple votre ami comme étant loin de vous, ou assis à vos côtés; vous aurez donc le sentiment que cette voix vient de lui, qu’elle est proche de vous ou qu’elle arrive de derrière vous. Cependant, la voix de votre ami n’est ni éloignée, ni derrière vous. Elle est dans votre cerveau.

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Le côté extraordinaire de la véritable nature du son que vous entendez ne se limite pas uniquement à cela. Le cerveau est hermétique à la lumière et au son. Le son n’est en fait jamais en contact direct avec le cerveau. Par conséquent, au delà du volume sonore que vous entendez, l’intérieur de votre cerveau est en fait dans un silence total. Cependant, vous entendez dans votre cerveau très distinctement les sons, tels que les voix. Elles sont si limpides qu’une personne en bonne santé les perçoit sans la moindre difficulté ou la moindre déformation. Vous entendez dans le cerveau insonorisé la symphonie d’un orchestre ; vous pouvez entendre tous les sons dans une large gamme de fréquences et de décibels, allant du bruissement des feuilles au vacarme des avions à réaction. Lorsque vous allez au concert de votre chanteur préféré, le son pénétrant et puissant qui envahit tout le stade, se forme dans le silence total de votre cerveau. Lorsque vous chantez vous-même à tue-tête, vous percevez le son dans votre cerveau. Cependant, si vous pouviez à ce moment enregistrer le son dans votre cerveau avec un magnétophone, vous n’entendriez que le silence. C’est un fait extraordinaire. Les signaux électriques qui parviennent au cerveau sont interprétés par le cerveau sous forme de sons, comme par exemple le bruit d’un concert dans un stade bondé de personnes.

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Le cerveau est imperméable au bruit et à la lumière. Par conséquent, même si les bruits que nous entendons sont forts, l’intérieur du cerveau reste dans le silence. Pourtant dans ce silence, il existe une conscience capable d’interpréter les signaux électriques en une mélodie, un son de voix d’un ami ou une sonnerie de téléphone.


 Les odeurs se forment dans le cerveau

Si on demande à une personne de quelle façon elle sent les odeurs autour d’elle, elle va vraisemblablement répondre « avec mon nez ». Cependant, cette réponse n’est pas la bonne, bien que la plupart concluent immédiatement que c’est exact. Gordon Shepherd, professeur de neurologie à l’Université de Yale, explique pourquoi cette réponse est fausse ; « Nous pensons que nous sentons avec nos nez, [mais] c’est un peu comme dire que nous entendons avec nos lobes d’oreille. »9

Notre odorat fonctionne avec un processus semblable à celui de nos autres organes sensoriels. En fait, l’unique fonction du nez est sa capacité de servir de canal adducteur pour les molécules olfactives. Les molécules volatiles telles que la vanille ou le parfum d’une rose, arrivent jusqu’aux récepteurs situés sur les poils dans une partie du nez appelé l’épithélium et interagissent entre eux. Le résultat de l’interaction des molécules olfactives avec l’épithélium pénètre le cerveau sous forme de signaux électriques. Ceux-ci sont alors perçus sous forme de parfum par le cerveau. Ainsi, toutes les odeurs que nous interprétons comme bonnes ou mauvaises ne sont que des perceptions produites dans le cerveau après que l’interaction avec les molécules volatiles ait été transformée en signaux électriques. Le parfum d’une fleur, d’un aliment que vous aimez, de la mer – en résumé toutes les odeurs que vous pouvez aimer ou ne pas aimer – sont perçues dans le cerveau. Cependant, les molécules olfactives ne parviennent en fait jamais au cerveau. Au niveau de notre odorat, ce ne sont que des signaux électriques qui arrivent au cerveau, il en est de même pour l’audition et la vision.

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Donc, une odeur ne circule dans aucune direction déterminée, car toutes les odeurs sont interprétées par le centre de l’odorat situé dans notre cerveau. Par exemple, l’odeur d’un gâteau ne provient pas du four, de la même manière l’odeur d’un plat ne provient pas de la cuisine. Il en va de même pour l’odeur du chèvrefeuille qui ne provient pas du jardin et l’odeur de la mer au loin, elle non plus ne provient pas de la mer. Toutes ces odeurs sont interprétées à un endroit précis, dans une zone connexe du cerveau. Il n’existe aucune notion comme la droite ou la gauche, l’avant ou l’arrière, en dehors de ce centre de perception sensoriel. Bien que chacun des sens semble se produire avec différents effets et provenir de différentes directions, mais en fait ils se produisent tous à l’intérieur de notre cerveau. On suppose que les odeurs qui se forment dans le centre olfactif du cerveau sont les odeurs de la matière à l’extérieur. Cependant, l’image de la rose est produite dans le centre visuel et le parfum d’une rose est quant à lui est produit dans le centre olfactif. S’il existe réellement une odeur extérieure, vous ne pourrez jamais entrer en contact avec son original.

Le philosophe George Berkeley conscient de l’importance de cette vérité, déclare :

Au début, on croyait que les couleurs, les odeurs, etc., ‘existaient vraiment’, mais par la suite ces hypothèses ont été abandonnées, et l’on a compris qu’elles existaient seulement en fonction de nos sensations.

Il est peut-être intéressant d’étudier les rêves afin de comprendre que l’odeur n’est qu’une sensation. Lorsque des personnes rêvent, elles perçoivent des images d’un grand réalisme, il en est de même pour les odeurs. Par exemple, une personne qui dans son rêve, va au restaurant, va choisir son dîner en fonction des odeurs des mets qui sont au menu ; quelqu’un qui rêve de partir en voyage au bord de la mer va sentir l’odeur si caractéristique de la mer et celui qui rêve d’un jardin de marguerites va ressentir, dans son rêve, le plaisir de ce parfum merveilleux. De même, celui qui rêve qu’il va dans une parfumerie et choisit un parfum sera capable de distinguer les fragrances des parfums, une par une. Tout dans son rêve est si réaliste que lorsque cette personne se réveille, il ou elle sera étonné par ce vécu.

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 En fait, il n’est pas nécessaire d’étudier les rêves pour comprendre ce phénomène. Il suffit simplement d’imaginer un des exemples que nous avons vu, comme celui de la marguerite. Si vous vous concentrez sur cette marguerite, vous pourrez alors sentir son parfum, même si en réalité elle n’est pas devant vous. Le parfum est à présent dans votre cerveau. Si vous voulez visualiser votre mère, vous pouvez l’imaginer et la voir bien qu’elle ne soit pas devant vous ; de la même manière vous pouvez imaginer l’odeur du lis, malgré son absence physique.

Michael Posner, psychologue et Marcus Raichle, neurologue à l’Université de Washington expliquent de quelle façon se forment la vision ainsi que les autres sens, même en l’absence de stimulus externe :

Ouvrez les yeux et sans le moindre effort vous visualisez une scène devant vos yeux ; fermez les yeux et pensez à cette scène, vous pouvez la faire apparaître visuellement, mais certainement pas aussi vivante, palpable et dans sa totalité qu’une scène qui maintenant se déroule devant vous, mais une vision qui saisisse encore les caractéristiques essentielles de la scène. Dans ces deux cas, une image de la scène se forme dans votre esprit. L’image formée des expériences visuelles réelles s’appelle un « percept » pour la distinguer d’une image imaginée. Le percept est la résultante d’une projection de lumière sur la rétine et de la transmission de signaux qui seront traités ensuite dans le cerveau. Mais comment sommes-nous capables de créer une image alors qu’aucune lumière n’a été projetée sur la rétine afin d’envoyer de tels signaux ?10

Pour une source extérieure, il n’est pas nécessaire de former une image dans notre esprit. Ce cas s’applique également à l’odorat. De la même façon que vous reconnaissez l’odeur qui n’existe que dans vos rêves ou votre imagination, vous ne pouvez pas être certain que ces objets ou non, que vous sentez dans la vraie vie, existent en dehors de vous. Même si vous pensez que ces objets existent en dehors de vous, vous n’aurez jamais affaire aux originaux.

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Un homme peut s’imaginer le visage de sa femme ou l’odeur d’une pâquerette dans son cerveau avec peu de concentration. La question se pose de savoir qui voit sans le besoin d’un œil ou qui sent sans le besoin d’un nez ce qui n’existe pas physiquement à proximité.


 Le goût se forme au niveau du cerveau

Le sens gustatif peut être expliqué de la même manière que pour celui des autres organes sensoriels. Le goût est dû à de petites papilles situées au niveau de la langue et de la gorge. La langue est capable d’identifier quatre goûts différents, l’amer, l’aigre, le sucré et le salé. Les papilles gustatives, après une série de processus chimiques, transforment l’information sensorielle en signaux électriques et les transmettent ensuite au cerveau. Plus tard, ces signaux sont interprétés par le cerveau en tant que goûts. Le goût que vous ressentez lorsque vous mangez un gâteau, un yaourt, un citron ou un fruit, est, en réalité, un processus qui va interpréter les signaux électriques dans le cerveau.

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L’image d’un gâteau va être associée au sucré, tout ceci se passe dans le cerveau et toutes les perceptions sont associées à ce gâteau que vous aimez tant. Le goût que vous ressentez après avoir mangé le gâteau avec beaucoup d’appétit, n’est rien d’autre qu’un effet produit dans votre cerveau qui a été provoqué par les signaux électriques. Vous ne percevez que ce que votre cerveau interprète des stimuli externes. Vous ne pouvez jamais atteindre l’objet original ; par exemple vous ne pouvez pas voir, sentir ou goûter le chocolat réellement. Si les nerfs gustatifs de votre cerveau étaient coupés, il deviendrait alors impossible au goût généré par les aliments que vous avez mangés d’atteindre le cerveau, et vous perdriez alors totalement le sens du goût. Ces goûts que vous connaissez et qui vous semblent plus vrais que nature, ne doivent pas nécessairement vous leurrer. Telle est l’explication scientifique de la matière.


Le toucher se forme également dans le cerveau

Le toucher représente un des éléments qui nous font douter de la réalité expliquée précédemment à savoir la vision, l’ouïe et le goût se forme dans le cerveau. Par exemple, si vous dîtes à quelqu’un qu’il voit ce livre à l’intérieur de son cerveau, il va vous répondre sans trop réfléchir : « Je ne peux pas être en train de voir ce livre dans mon cerveau – regardez, je le touche avec ma main. » Ou encore, si nous disons « Nous ne pouvons pas savoir si l’original de ce livre existe comme objet matériel dans le monde extérieur ou non », cette même personne superficielle pourrait répondre « Non, regardez, je tiens ce livre avec ma main et je sens sa dureté – ce n’est pas une perception mais une vraie réalité, il existe bien matériellement. »

Cependant, il y a un fait que de telles personnes ne peuvent pas comprendre ou peut-être l’ignorent-elles tout simplement. Le toucher se forme aussi dans le cerveau comme d’ailleurs tous les autres sens. C’est-à-dire, lorsque vous touchez un objet matériel, vous ressentez dans votre cerveau si cet objet est dur, mou, humide, collant ou soyeux. Les perceptions qui proviennent des extrémités de vos doigts sont transmises au cerveau sous forme de signaux électriques et ces derniers sont interprétés par votre cerveau en tant que toucher. Par exemple, si vous touchez une surface rugueuse, il vous est impossible de déterminer si la surface est, en réalité rugueuse ou la manière dont vous percevez en réalité cette surface rugueuse. C’est parce que vous ne pourrez jamais toucher l’original de cette surface rugueuse. La connaissance que vous avez du toucher d’une surface n’est que l’interprétation faite par votre cerveau de certains stimuli.

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Une personne qui discute avec un ami proche tout en buvant une tasse de thé va immédiatement la lâcher si elle se brûle les doigts au contact de cette tasse brûlante. Cependant, en réalité, cette sensation de chaleur intense provoquée par la tasse n’existe en réalité que dans son cerveau, mais pas entre ses doigts.

Cette personne visualise l’image de la tasse de thé dans son esprit, en imagine son odeur et son goût dans son esprit. Malgré tout, elle ne réalise pas que le thé qu’elle déguste est en fait une sensation créée dans son cerveau. Elle imagine que le verre existe à l’extérieur d’elle-même et elle parle à son ami, dont l’image se forme également dans son cerveau. En fait, il s’agit là d’un cas extraordinaire. La supposition qu’elle touche le verre original et boive le thé original, sentiment renforcé par la dureté et la chaleur de la tasse et le goût et l’odeur du thé, démontre la précision et la perfection étonnantes des informations transmises par nos sens à notre cerveau. Cette vérité essentielle, qui exige une attention soutenue, est exprimée par un philosophe du 20ème siècle, Bertrand Russell :

Ce sens du toucher que nous ressentons lorsque nous appuyons nos doigts sur une table, n’est qu’une perturbation électrique qui agit sur les électrons et les protons dont nos doigts sont composés, et causée, conformément à la physique moderne, par la proximité des électrons et des protons de la table. Si cette même perturbation aux extrémités de nos doigts se produisait d’une autre manière, nous devrions avoir des sensations, et ceci bien qu’il n’y ait pas de table.11

Cette remarque faite par Russell est extrêmement importante. En fait, si les extrémités de nos doigts reçoivent ce stimulus de manière différente, nous pouvons alors ressentir des sensations totalement différentes. Cependant, comme cela vous sera expliqué en détail ultérieurement, tout ceci peut aujourd’hui être réalisé grâce aux équipements de simulation. A l’aide d’un gant spécial, une personne peut avoir la sensation de caresser un chat, de serrer la main de quelqu’un, de se laver les mains ou de toucher un objet solide, bien que rien de tout ceci ne soit présent physiquement. En réalité, bien sûr, aucune de ces sensations ne s’est produite dans le monde réel. C’est une preuve supplémentaire que toutes les sensations ressenties par l’homme se forment à l’intérieur de son esprit.


Nous ne pourrons jamais atteindre l’original du monde extérieur qui se forme à l’intérieur de notre cerveau.

Comme nous l’avons expliqué, tout ce que nous vivons, voyons, entendons et ressentons dans notre vie se forme à l’intérieur de notre cerveau. Par exemple, quelqu’un qui regarde par la fenêtre assis dans un fauteuil ressent la dureté du fauteuil et le satiné du tissu dans son cerveau. L’odeur du café venant de la cuisine se forme dans notre esprit, mais non dans la cuisine loin de cette personne. La vue de la mer, des oiseaux et des arbres qu’il observe depuis sa fenêtre sont des images formées dans le cerveau de cette personne. L’ami qui sert le café ainsi que le goût du café existent également dans son cerveau. En bref, une personne assise dans son salon et qui regarde par la fenêtre, ne voit en réalité que son salon, et l’image qu’il voit de sa fenêtre est en fait projetée comme sur un écran dans son cerveau. Ce que l’homme appelle « sa vie » est une collection de perceptions stockées de façon rationnelle et visionnées sur un écran dans le cerveau, il est impossible de sortir du cerveau.

Nous ne pouvons jamais connaître la vraie nature de l’original de la matière existant à l’extérieur du cerveau. Nous ne pouvons pas savoir, si l’original, par exemple le vert d’une feuille est oui ou non tel que nous le percevons. De même, nous ne pouvons jamais savoir si un dessert est vraiment sucré ou si c’est juste la façon dont notre cerveau perçoit qu’il devrait être.

Celui qui y réfléchit va clairement prendre conscience de cette vérité. George Berkeley, l’exprime dans son livre A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge:

Grâce à la vue, j’ai les notions de lumière et de couleurs, avec leurs différents degrés et variations. Par le contact, je perçois ce qui est dur et mou, la chaleur et le froid, le mouvement et la résistance… L’olfaction me pourvoit en odeurs ; le palais me dit le goût ; et l’audition transmet les sons… Et comme la plupart de ces sensations sont appelées à s’assembler, elles viennent à être spécifiées par un nom et ainsi être reconnues comme une chose. Ainsi, par exemple, on estime une certaine couleur, un goût, une odeur, une forme et une consistance se convenir pour être associés et devenir une chose bien distincte, signifiée par le mot pomme ; d’autres ensembles d’idées constituent une pierre, un arbre, un livre, des choses sensibles et ainsi de suite… 12

Telle est la vérité exprimée ici par Berkeley : nous définissons un objet en interprétant les différentes sensations qui sont ressenties par le cerveau. Comme c’est le cas dans cet exemple, le goût et l’odeur de la pomme, sa dureté et sa forme arrondie liées à ses autres qualités sont perçus comme un tout par notre cerveau et nous percevons ce tout comme cette pomme. Cependant, nous ne pourrons jamais en fait avoir affaire à l’original de la pomme, seulement à la perception que nous avons d’elle. Ce que nous pouvons voir, sentir, goûter, toucher ou entendre sont seulement des copies formées à l’intérieur du cerveau.

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Lorsque nous réfléchissons à tout ce dont on a parlé jusqu’à maintenant, la vérité apparaît dans toute sa limpidité. Par exemple :

* Si nous pouvons voir dans notre cerveau où il n’existe aucune lumière réelle, une rue tout en couleur et l’ensemble de ces couleurs avec leurs ombres éclatantes, nous voyons les copies des panneaux d’affichage, des lumières, des réverbères et des phares des voitures qui sont produites à partir de signaux électriques à l’intérieur du cerveau.

* Comme aucun son ne peut pénétrer dans le cerveau, nous ne pouvons jamais entendre l’original des voix de ceux que nous aimons. Nous en entendons seulement des copies.

* Nous ne pouvons ni ressentir la fraîcheur de la mer, ni la chaleur du soleil – nous n’en ressentons que les copies formées dans notre cerveau.

* De la même manière, personne n’a pu goûter l’original de la menthe. Le goût que l’on ressent comme de la menthe n’est qu’une perception qui se forme dans le cerveau. C’est parce que la personne ne peut ni toucher, ni voir, ni sentir, ni goûter l’original de la menthe.

Pour finir, au cours de nos vies, nous vivons avec des perceptions, les copies des originaux qui nous sont présentées. Cependant, ces copies sont si réalistes que nous ne nous réalisons jamais qu’elles ne sont que des copies reproduites dans notre cerveau. Par exemple, levez la tête et regardez autour de vous. Vous voyez que vous vous trouvez dans une pièce meublée. Lorsque vous touchez les accoudoirs du fauteuil dans lequel vous êtes assis, vous sentez la dureté du fauteuil comme s’il s’agissait vraiment de l’original. La réalité des images qui vous sont présentées et leur extraordinaire réalisme suffisent amplement à vous convaincre, vous et des milliards d’autres personnes que ces images sont « palpables donc bien réelles ». Bien que la plupart des personnes aient appris que les perceptions que nous avons de ce monde se forment dans notre cerveau en cours de biologie au lycée, ces images sont si réalistes qu’elles ont du mal à croire qu’elles ne sont que le fruit d’une imagination fertile de la part de leur cerveau. Pour la simple et bonne raison que la restitution de chaque image dans notre cerveau est d’un réalisme et d’une parfaite précision.

Certaines personnes admettent le fait que les images se forment dans leur cerveau, pourtant elles affirment que les originaux de ces images sont extérieurs à leur personne. Néanmoins elles ne peuvent jamais le démontrer, car personne n’a la capacité d’aller hors des perceptions présentes dans le cerveau. Nous vivons tous dans une cellule, à l’intérieur de notre cerveau, et nous ne pouvons vivre autre chose que ce qui est ressenti par nos sens. En conséquence, personne ne peut savoir ce qui se passe au delà de ses perceptions. Aussi déclarer avec certitude « il y a les originaux à l’extérieur de notre personne » serait en fait une supposition infondée, car dans ce cas il n’y a rien qui puisse le prouver. En outre, même s’il existe des originaux qui appartiennent au monde extérieur, ces « originaux » seront également vus dans notre cerveau, ce qui signifie que le spectateur doit avoir affaire aux images formées dans son cerveau. En conséquence, de telles affirmations ne peuvent être soutenues parce qu’il nous est impossible d’atteindre « les copies matérielles » des objets qui pour nous existent.

Nous devrions également souligner que le progrès scientifique ou technologique ne peut rien changer cela, puisque chaque découverte scientifique ou invention technologique se forme dans l’esprit des personnes, et ne nous est donc d’aucune aide pour atteindre le monde extérieur.

Des philosophes renommés comme B. Russell et L. Wittgenstein nous donnent cet avis sur le sujet :

Qu’un citron, par exemple, existe vraiment ou pas et comment il est apparu, cette question ne peut être posée ou examinée. Un citron se résume uniquement à un goût ressenti par la langue, une odeur humée par le nez, une couleur et une forme perçues par l’œil ; et seules ces fonctions peuvent être, à peu près, soumises à examen et à évaluation. La science ne pourra jamais connaître le monde physique. 13

Le philosophe G. Berkeley s’est clairement exprimé sur le fait que nos perceptions n’existent que dans nos esprits et que nous serions dans l’erreur en prétendant systématiquement qu’elles existent dans le monde extérieur :

Nous ne croyons en l’existence des choses que parce que nous les voyons et les touchons, et parce qu’elles nous sont reflétées par nos perceptions. Cependant, nos perceptions ne sont que des idées dans notre esprit. Ainsi, toutes ces choses que nous captons par des perceptions ne sont que des idées et ces idées ne sont nulle part, mais dans notre esprit… Comme elles n’existent que dans l’esprit, cela signifie alors que nous sommes séduits par des mensonges lorsque nous imaginons que l’univers et les choses existent en dehors de nos esprits. Ainsi, tout ce qui nous entoure n’existe pas en dehors de notre esprit. 14

En outre, il importe peu à tous de savoir si une chose qu’une personne ne peut ni atteindre, ni voir, ni toucher, existe ou n’existe pas, parce qu’indépendamment de savoir si oui ou non il existe un monde matériel, un être humain n’a de connaissances de ce monde qu’à travers les perceptions dans son cerveau. Une personne peut ne jamais rencontrer le véritable original d’un objet matériel. En outre chacun se contente de voir la copie. Par exemple, une personne qui se promène dans un jardin fleuri aux couleurs vives ne voit pas l’original de ce jardin, mais la copie de ce dernier dans son cerveau. Cependant, cette copie du jardin est si réaliste que chacun éprouve un certain plaisir d’être dans ce jardin, comme si il était réel alors qu’en fait il est imaginaire. Les milliards de personnes, jusqu’à aujourd’hui, ont pensé qu’ils voyaient l’original de chaque chose. En conséquence, il n’y a aucune raison pour elles de s’intéresser au « monde extérieur ».

Une personne qui observe un paysage particulier suppose qu’elle regarde le paysage devant ses yeux. Pourtant, ce paysage prend forme dans son centre de la vue au fond de son cerveau. Voici une question pertinente : qui éprouve du plaisir à observer ce paysage, si ce ne peut être le cerveau composé de lipides et de protéines?

Imaginez que vous pénétrez dans une pièce sombre où se trouve un grand écran de télévision. Si vous ne pouviez observer le monde extérieur qu’à travers cet écran, vous vous ennuieriez rapidement et souhaiteriez      sortir.

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Imaginez un instant que l’endroit où vous êtes n’est nullement différent. A l’intérieur de votre crâne, similaire à une boite, vous observez les visions du monde extérieur tout au long de votre vie. Vous continuez à regarder ces images dans votre cerveau sans sortir de ce petit espace sans jamais vous en lasser.

Par ailleurs, jamais vous ne croiriez que vous regardez ces images défiler sur un simple écran. La vision est en effet si convaincante que depuis des milliers d’années, des milliards d’individus sont incapables de comprendre cette grande vérité.


 La distance est également une perception qui se forme dans le cerveau

Imaginez une rue bondée, des magasins, des bâtiments, des voitures, un concert de klaxons… Lorsque vous regardez cette image, elle semble être réelle. C’est la raison pour laquelle la plupart des personnes ne peuvent comprendre que l’image qu’ils voient se forme dans leur cerveau, et peuvent supposer à tort que tout est réel. L’image a été créée de façon si parfaite qu’il n’est pas possible d’imaginer que cette image qu’ils perçoivent comme réelle n’est pas l’original existant dans le monde extérieur, mais seulement une copie dans leur esprit.

Les éléments qui rendent l’image si réaliste sont sa perspective, sa profondeur, sa couleur, ainsi que son ombre et sa lumière. Ces éléments sont employés avec un tel art qu’ils vont former dans notre cerveau une image tridimensionnelle, aux couleurs vives et éclatantes. Lorsqu’une infinité de détails s’ajoute à cette image, c’est tout un nouveau monde qui se révèle à nous, et sans même y réfléchir, nous supposons toute notre vie que ce monde est réel, bien qu’il ne soit qu’une interprétation sensorielle dans notre esprit.

Maintenant imaginez que vous conduisez une voiture. Le volant se trouve devant vous à bout de bras et à 100 m environ devant se situent des feux. La voiture devant est à 10 m environ, et à l’horizon se profilent des montagnes, à plusieurs kilomètres de distance selon vous. Mais, toutes ces notions sont erronées. Ni la voiture, ni les montagnes ne sont aussi éloignées que vous le supposez. En fait, la totalité de l’image, comme sur une pellicule de film, existe en deux dimensions, sur une seule surface à l’intérieur du cerveau. Les images reflétées sur l’œil sont bidimensionnelles, comme celles sur un écran de télévision. Dans ces conditions, comment la perception de profondeur et de distance peut-elle se former ?

Lorsque l’on parle de distance, il s’agit de vision tridimensionnelle. Ce qui permet de percevoir la distance et la profondeur dans les images, ce sont les effets de perspectives, les ombres et le mouvement. Cette forme de perception appelée perception spatiale par la science de la vision est créée par des systèmes hautement complexes. Ce système peut être simplement expliqué de cette façon : la vision qui atteint l’œil est bidimensionnelle. C’est-à-dire, elle prend en compte la longueur et la largeur de l’image. La profondeur et la distance résultent du fait que les yeux voient deux images différentes en même temps. L’image qui est perçue par un œil diffère de celle qui est perçue par l’autre en termes d’angle et de lumière. Le cerveau assemble ces deux différentes images pour former la profondeur et la distance.

Pour mieux comprendre ceci, nous pouvons nous livrer à une expérience. Dans un premier temps, dépliez devant vous votre bras droit et levez votre index. Dans un second temps, concentrez-vous sur ce doigt tout en fermant d’abord votre œil gauche, puis votre œil droit. Du fait que chaque œil a sa propre vision, vous verrez votre doigt se décaler légèrement sur le côté. Puis, ouvrez les yeux et tout en continuant à vous concentrer sur votre index droit, portez votre index gauche au plus prés de votre œil. Vous noterez que votre doigt le plus proche a créé deux images. En effet maintenant il s’est formé une autre profondeur au niveau du doigt le plus proche. Si vous ouvrez et fermez les yeux alternativement, vous constaterez que le doigt le plus proche de votre œil semble avoir plus bougé que le doigt le plus éloigné. Ceci est dû à de nombreuses différences dans la vision perçue par chaque œil.

Pour réaliser un film en trois dimensions, on utilise cette technique ; les images prises à partir de deux angles différents sont placées sur le même écran. Le spectateur porte des lunettes spécialement équipées d’un filtre couleur de polarisation de la lumière. Ces filtres suppriment une des deux vues, et le cerveau l’interprète alors en une image tridimensionnelle.

La perception de la profondeur dans une rétine bidimensionnelle est quasiment semblable à la technique employée par les artistes pour donner au spectateur cette impression de profondeur dans une image à deux dimensions. Il y a certains facteurs qui permettent d’avoir cette sensation de profondeur, tels la superposition d’objets, la perspective d’ensemble, les variations de textures, la perspective linéaire, les dimensions, la hauteur et le mouvement. Par exemple, le changement de texture est très important dans notre perception de la profondeur. Le sol que nous foulons dans une ferme arborée et fleurie est en fait constitué de fibres entrelacées à la manière d’un tissu. Les tissus plus proches de nous sont plus détaillés alors que les tissus plus éloignés de nous semblent pâles et plus difficiles à percevoir. Par conséquent, il est plus facile d’estimer la distance entre les objets situés sur un tissu. En plus de ceci, les effets d’ombre et de lumière renforcent également la perception d’une vision tridimensionnelle.

La raison pour laquelle nous admirons une photo réalisée par un artiste connu, c’est sa façon de donner de la profondeur et du réalisme à son travail, en utilisant les éléments d’ombre et de perspective.

La perspective résulte du fait que les objets éloignés apparaissent plus petits proportionnellement à ceux qui sont plus proches, en fonction de la personne qui le regarde. Par exemple, lorsque nous regardons un paysage, les arbres au loin semblent petits, alors que ceux qui sont proches apparaissent grands. Comme pour une photo avec en arrière-plan une montagne, la montagne va apparaître plus petite que la personne qui se trouve au premier plan. Dans la perspective linéaire, les artistes se servent des lignes parallèles. Par exemple, les voies ferrées créent un effet de distance et de profondeur lorsqu’elles se rejoignent à l’horizon.

La méthode utilisée par les artistes peintres dans leurs travaux s’applique également pour les images qui se forment dans notre cerveau. Profondeur, lumière et ombre sont créées de la même façon dans l’espace bidimensionnel du cerveau. Plus il y a de détails dans une image, plus elle paraît réaliste et plus celle-ci trompe nos sens. Nous réagissons comme si la profondeur de champ et la distance étaient réelles, comme si une troisième dimension existait. Cependant, toutes les images sont comme les petits carrés qui composent une bobine de film. Le cortex visuel dans le cerveau est extrêmement petit ! Les distances, les images comme les maisons au loin, les étoiles, la lune, le soleil, les avions et les oiseaux dans le ciel – sont toutes stockées dans ce petit espace. Ce qui signifie qu’il n’y a techniquement aucune distance entre un verre que vous pouvez tenir à la main si vous étendez le bras et un avion dans le ciel, vous comprenez qu’il se trouve à des milliers de kilomètres au dessus de vous ; tout ceci se situe sur une seule surface, plus exactement dans le centre sensoriel du cerveau.

Par exemple, un bateau qui disparaît à l’horizon ne se trouve pas en fait à des kilomètres de vous. Le bateau est dans votre cerveau. Le rebord de la fenêtre que vous regardez, ce peuplier face à votre fenêtre, la route qui passe devant chez vous, la mer et le bateau sur la côte se trouvent dans le centre visuel de notre cerveau, sur une surface bidimensionnelle. Exactement comme le peintre peut représenter cette sensation de distance par un jeu de proportions, de couleurs, d’ombre, de lumière et de perspective sur sa toile en deux dimensions, de la même façon cette sensation de distance peut également se former dans notre cerveau. En conclusion, le fait que nous ayons l’impression que les objets soient éloignés ou proches ne devrait pas nous leurrer, car la distance est une sensation comme tous les autres sens.

L’individu au volant d’une voiture s’imagine que la route et les arbres qui défilent sont loin de lui. Alors que tout ce qu’il voit est, en réalité, sur un plan unique, comme sur une photographie.

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Etes-vous dans la pièce, ou la pièce est-elle en vous ?

Une des raisons qui fait que nous ne comprenons pas que les images vues sont en fait perçues par notre cerveau, c’est que nous percevons une image de notre corps. Ils en arrivent à cette conclusion erronée « Puisque je suis physiquement dans cette pièce, cette pièce ne se forme donc pas dans mon cerveau. » Leur erreur, c’est d’oublier que leur corps est également une image. De la même manière que tout ce qui nous entoure est une image qui se forme dans notre cerveau, notre corps lui aussi existe en tant qu’image formée dans notre cerveau. Par exemple, alors que vous êtes assis dans votre fauteuil, vous pouvez voir toute la partie de votre corps qui se situe en dessous de votre cou. Cette image est également produite par le même système de perceptions. Lorsque vous mettez votre main sur votre jambe, vous éprouvez une sensation kinesthésique dans le cerveau. Ceci signifie que vous voyez votre corps dans le cerveau, et vous percevez dans votre cerveau votre corps par le toucher.

Si votre corps est une image perçue par votre cerveau, est-ce que la pièce est aussi à l’intérieur de votre cerveau ou êtes-vous dans la pièce ? La réponse évidente à ceci est « La pièce est à l’intérieur de vous. » Et vous voyez l’image de votre corps à l’intérieur de cette pièce, elle-même dans le cerveau.

Expliquons ceci à l’aide d’un exemple. Vous appelez l’ascenseur. Lorsqu’il arrive, votre voisin qui vit à l’étage supérieur, est à l’intérieur. Vous entrez dans l’ascenseur. En réalité, êtes-vous dans l’ascenseur ou l’ascenseur est-il à l’intérieur de vous ? La réponse est la suivante : l’ascenseur, les images de votre voisin et de votre corps se forment à l’intérieur de votre cerveau.

En conclusion, nous ne sommes pas à l' »intérieur ». Tout est à l’intérieur de nous ; tout se passe dans le cerveau. Le soleil, la lune, les étoiles ou un avion dans le ciel à des milliers de kilomètres ne peuvent pas changer cette vérité. Le soleil et la lune, comme le livre que vous tenez ne sont que des images qui se forment dans le minuscule centre visuel situé dans le cerveau.

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Les sens peuvent se former sans la présence du « monde extérieur »

Un fait invalide l’idée selon laquelle les sens que nous percevons ont un équivalent matériel : nous n’avons en effet nul besoin d' »un monde extérieur » pour que les sens se forment dans notre cerveau. Cette vérité est démontrée par des preuves importantes comme les nombreux développements technologiques en matière de simulation et également par les rêves.

Ecrivain scientifique, Rita Carter, déclare dans son livre, Atlas du Cerveau, qu « il est possible de voir sans yeux » et décrit en détails une expérience menée par les scientifiques. Dans cette expérience, des aveugles ont été équipés d’un appareil transformant les images vidéo à basse définition en pulsions électriques qui se déchiffrent comme le braille. Un mini caméra était fixée devant leurs yeux, tandis que leur dos enregistrait les pulsions – ressenties comme un ensemble ordonné de picotement. Les influx sensoriels en phase avec les stimuli visuels leur parvenant en continu, ils se sont rapidement comportés comme s’ils étaient « réellement » voyants. Par exemple, en modifiant son ouverture sans prévenir le porteur de la caméra, l’un des expérimentateurs a soudain agrandi l’image traduite en courant électrique dans le dos du volontaire. Or, bien qu’aveugle, il s’est brusquement baissé en se protégeant la tête, comme si le monde fondait sur lui.15

Comme on a pu le constater dans cette expérience, nous pouvons créer des sensations même lorsqu’elles ne sont pas provoquées par des équivalents matériels du monde extérieur. Tous les stimuli peuvent être créés artificiellement.


 « Le monde des sensations » que nous percevons en rêve

Une personne peut ressentir réellement toute sensation sans l’existence du monde extérieur. L’exemple le plus frappant est celui des rêves. Allongée sur son lit, les yeux fermés, une personne rêve. Cependant, malgré ceci, elle éprouve de nombreuses sensations qu’il ou elle a éprouvées dans la vie réelle, et les vit de façon si réaliste qu’elles ne peuvent être distinguées de la vie réelle. Toute personne qui lit ce livre va souvent dans ses propres rêves être le témoin de cette vérité. Par exemple, la nuit, une personne allongée sur un lit et seule dans une pièce calme et silencieuse, peut dans ses rêves se retrouver en danger dans un lieu très fréquenté. Elle vit cet événement comme si il était réel, fuyant face au danger, désespérée et trouvant refuge derrière un mur. En outre, ses visions ressemblent tellement à la réalité qu’elle est prise de peur et de panique comme si elle était vraiment en danger. A chaque bruit, son cœur bat la chamade, elle tremble de peur, elle a chaud et ressent toutes les autres conséquences physiques que le corps humain éprouve dans une situation dangereuse. Cependant, il n’y a aucun équivalent externe de ces événements qui se produisent dans son rêve. Ils n’existent que dans son esprit.

Une personne qui dans ses rêves fait une chute vertigineuse, va en ressentir les effets sur l’ensemble de son corps, malgré le fait qu’elle soit dans son lit endormie. Ou une autre pourrait se sentir glisser dans une flaque, être trempée et avoir froid en raison du vent glacial. Cependant, il n’y a ni flaque, ni vent dans cet exemple. En outre, en dépit de dormir dans une pièce surchauffée, elle va ressentir les effets de l’humidité et du froid, comme si elle vivait réellement cette scène.

Celui qui pense que dans ses rêves, il a affaire au véritable monde matériel, peut en être très convaincu. Il peut mettre la main sur l’épaule de son ami lorsque ce dernier lui dit que la « matière est une image ; qu’il n’est pas possible d’avoir affaire à l’original du monde », il lui demande alors « Suis-je une image maintenant ? Ne sens-tu pas ma main sur ton épaule ? Si tel est le cas, comment peux-tu être une image ? Qu’est-ce qui te fait penser ainsi ? Et si nous allions faire un tour sur les rives; nous pourrons en parler et tu m’expliqueras pourquoi tu penses ceci. » Le rêve qu’il est en train de vivre dans son sommeil profond est tellement clair qu’il démarre la voiture avec plaisir et se met à accélérer progressivement, la faisant presque bondir lorsqu’il appuie soudain sur la pédale. Sur la route, les arbres et le marquage au sol semblent exister grâce à la vitesse. Qui plus est, il respire l’air pur. Mais imaginez que ce rêve soit soudainement interrompu par son réveil, au moment même où il s’apprêtait à dire à son ami que ce qu’il est en train de vivre n’est pas un rêve. Ne protesterait-il pas de la même manière, qu’il soit endormi ou éveillé ?

Au moment où les personnes se réveillent, elles réalisent que ce qu’elles viennent de vivre, n’était qu’un rêve. Mais pour une raison inconnue, elles n’imaginent pas que cette vie qui commence avec une image « d’éveil » (ce qu’elles appellent la « vie réelle ») peut aussi être un rêve. Cependant, la manière dont nous percevons les images dans la « vie réelle » est exactement identique à la manière dont nous percevons les rêves. Ces deux visions sont présentes dans notre esprit. Nous ne pouvons pas comprendre jusqu’à notre réveil qu’il ne s’agit que d’images. Ensuite seulement, nous disons « Ce que j’ai vu était un rêve ». Ainsi, comment pouvons-nous démontrer que ce que nous voyons, peu importe le moment, n’est pas un rêve ? Nous pouvons supposer que le moment que nous vivons est bien réel, simplement parce que nous ne nous sommes pas encore réveillés. Il est possible que nous découvrirons ceci lorsque nous nous serons réveillés de ce « rêve éveillé » qui dure plus longtemps que les rêves que nous faisons tous les jours. Nous n’avons aucune preuve qui démontre le contraire.

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Un individu qui boit un café dans son rêve ressent le goût du sucre, du lait et du café, alors qu’il n’y a pas de café. Si quelqu’un venait à lui dire qu’il est dans un rêve, ou qu’il n’y a pas de café, il rejetterait cette idée. Il demanderait comment ce ne pourrait être qu’une vision alors qu’il a senti la chaleur du café sur sa langue et qu’après avoir bu son café sa soif fut satisfaite. Il demanderait alors comment sa soif a pu être étanchée si ce n’était pas réel. Il ne comprendra que lorsqu’il se réveillera que le café qu’il pense avoir bu était une image dans son cerveau et que les sensations de chaleur et de soif ressenties avec le café étaient des perceptions formées dans son esprit.

Nos expériences dans nos rêves et dans le monde réel sont basées sur la même logique. Nous connaissons les rêves et le monde réel dans notre cerveau. Nous comprenons que nos rêves sont imaginaires uniquement lorsque nous nous réveillons dans notre lit. Nous en déduisons que nous dormions et que tout ce à quoi nous avons cru faisait partie d’un rêve. Que se passerait-il si nous ne nous réveillions pas et continuions à rêver ? Pourrions-nous nous rendre compte que nous n’avons pas affaire aux originaux des choses vécues et vues dans notre   rêve?

La réponse est évidemment non. A moins que nous nous réveillions et découvrions que nous étions en plein sommeil, nous ne pourrons jamais comprendre que nous étions en train de rêver et passerions ainsi le reste de notre vie à croire qu’il s’agit de notre vie réelle.
Alors, comment prouver que notre vie réelle n’est pas un rêve? Disposons-nous d’informations sur ce qui se passera une fois que nous quitterons cette vie et que nous regarderons les images de cette vie présente défilée depuis un autre endroit?


 Les mondes montrés superficiellement

Les technologies modernes nous livrent de nombreux exemples révélateurs sur la manière de simuler une expérience sensorielle avec un degré de réalisme élevé, sans avoir recours au monde extérieur ou matériel. Plus précisément, la technologie appelée « réalité virtuelle » qui s’est beaucoup développée ces dernières années nous éclaire à ce sujet.

En résumé, la réalité virtuelle suppose la visualisation d’images animées tridimensionnelles générées par ordinateur à l’aide d’un équipement adapté dans le but de créer « un monde réel ». Cette technologie, qui est employée dans de nombreux domaines à des fins diverses et variées, est appelée « réalité virtuelle » ou « monde virtuel » ou également « environnement virtuel ». Une des caractéristiques essentielles de la réalité virtuelle est de permettre à une personne avec un dispositif adapté de croire que le monde qu’elle voit existe réellement, et cette dernière va uniquement focaliser son esprit sur ces images. Pour cette raison, le terme « immersion » (c’est-à-dire réalité virtuelle immersive) a été récemment employé pour qualifier la réalité virtuelle, mettant l’accent sur la profonde implication de la personne.

Les équipements nécessaires pour créer un monde virtuel sont un casque (équipé d’un écran pour visualiser les images) et une paire de gants électroniques (qui permettent d’avoir une sensation tactile). Un dispositif à l’intérieur du casque contrôle les mouvements et l’angle de la tête afin de fournir une image sur l’écran qui corresponde à la fois à l’angle de vue et à l’inclinaison de la tête. Parfois, on projette des images stéréo sur les murs et le plancher d’une cellule qui a la dimension d’une salle. Les personnes qui se promènent dans cette salle peuvent se voir grâce à des lunettes stéréo dans différents endroits, comme près d’une chute d’eau, sur le sommet d’une montagne ou sur le pont d’un bateau en pleine mer en train de prendre un bain de soleil. Les casques permettent de créer des images en 3 D avec un sens très réaliste de la profondeur et de l’espace. Ces images sont à échelle humaine et la sensation tactile est quant à elle transmise grâce à des gants adaptés. Ainsi, une personne qui utilise cet équipement peut toucher les objets qu’elle voit dans le monde virtuel, elle peut également les ramasser et les déplacer. Les sons de profondeur et d’intensité variables que l’on entend dans cet environnement virtuel et qui proviennent de partout sont d’un réalisme stupéfiant. Dans certains programmes, le même environnement virtuel peut être présenté à des personnes situées dans des endroits très différents. Trois personnes de différents pays (voire même de différents continents) peuvent se voir monter à bord d’un hors-bord.

Le système et les équipements utilisés pour créer ce monde virtuel sont les mêmes que ceux utilisés par nos cinq sens. Par exemple, grâce aux effets créés par le dispositif intégré au gant que porte l’utilisateur, les signaux sont envoyés aux extrémités des doigts puis transmis au cerveau. Lorsque le cerveau interprète ces signaux, l’utilisateur a la sensation de toucher un tapis en soie ou un vase échancré aux traces de doigts apparentes, malgré le fait que dans la réalité, il n’y ait ni tapis en soie, ni vase.

Un important domaine dans lequel la réalité virtuelle est maintenant utilisée est celui de la médecine. A l’aide d’une technique développée à l’Université du Michigan, les candidats doctorants (en particulier le personnel des urgences) complètent une partie de leur formation dans une salle d’opération virtuelle. Dans le cadre de ce programme, des images d’une salle d’opération sont projetées sur le sol et les murs de la pièce, ainsi que des images d’une table d’opération et d’un patient qui sont quant à elles projetées au centre de cette même pièce. Grâce au port de lunettes 3 D, les doctorants commencent à opérer ce patient virtuel.

Ces exemples illustrent le fait qu’une personne peut être mise en situation dans un environnement très réaliste, mais néanmoins virtuel grâce aux stimuli artificiels. Avec les technologies actuelles, l’image ainsi produite peut être un facteur efficace d’aide aux praticiens. En principe, aucune raison n’existe pour que cette technologie ne puisse finalement reproduire une réalité (virtuelle) semblable au monde réel. Il est très intéressant de constater que quelques films à grand succès récemment réalisés ont traité ce sujet. Par exemple, dans le film hollywoodien « Matrix », lorsque le système nerveux des deux héros est relié à un ordinateur qui se trouve sur un canapé, ils peuvent alors se voir dans des lieux totalement différents. Dans une scène, ils se retrouvent pour pratiquer les arts martiaux ; dans une autre, ils portent des vêtements complètement différents et marchent dans une rue noire de monde. Lorsque le héros, influencé par son expérience du monde réel, déclare qu’il ne croit pas que ces images soient créées par un ordinateur, l’image de l’ordinateur se fige. C’est à ce moment-là que cette personne prend conscience que le monde dans lequel il croit être une réalité n’est en fait qu’une simple image.

En conclusion, il est possible en principe de générer des images de synthèse, autrement dit, un monde virtuel à l’aide de stimuli artificiels. De ce fait, nous ne pouvons affirmer que « l’image de la vie » que nous voyons en permanence est bien l’original du monde extérieur, et que ce monde dans lequel nous évoluons est bien « l’original ». Nos sensations pourraient bien avoir une origine très différente.

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Simulateurs utilisés pour la réalité virtuelle. Grâce à cet équipement, l’individu, dans la photo ci-dessus, imagine qu’il touche un flux d’eau rapide. Les personnes en dessous se voient comme les héros d’un film qui leur est diffusé et s’identifient tout à fait à ce qu’ils vivent.


 Le sujet de la réalité de la matière dans les films

En attirant l’attention du monde sur le sujet de la réalité de la matière, l’industrie cinématographique américaine s’est également emparée du thème pour le véhiculer à sa manière.

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Le thème du film The 13th floor est celui-ci : les deux personnages principaux du film ont créé un monde virtuel au moyen d’ordinateurs. Dans ce monde virtuel, ils animent l’année 1937 alors que dans le monde réel ils vivent en 2000.

Le personnage connecté au programme informatique est couché dans un lit pour que l’information à propos de son identité dans le monde virtuel de 1937 soit téléchargée dans son cerveau. Ainsi le personnage du nom de Douglas Hall, PDG riche et prospère d’une entreprise informatique reçoit, par téléchargement dans son cerveau, les détails concernant un trésorier de banque du nom de John Ferguson vivant en 1937.

Soudainement il se retrouve propulsé en 1937. Les voitures, les édifices, les vêtements appartiennent à cette époque. Il est surpris par le réalisme de ces vies. Il peut ressentir l’humidité de l’eau et le vent et même éprouver la peur et l’excitation dans ses deux vies.

Plus tard, ce personnage se rend compte que ce qu’il a vécu n’était qu’un programme informatique et qu’il n’a été en contact direct qu’avec une illusion des voitures, des bâtiments et même de ses amis qu’il croyait être réels. En réalité, sa vie appartient à une année plus ultérieure que l’an 2000 et il observe toute sa vie à travers un simulateur. Le film tente d’illustrer qu’il est difficile de distinguer la vie supposée réelle de l’imagination.

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Dans le film The Matrix, le personnage principal se rend compte qu’il vit dans un monde imaginaire formé par des signaux électriques envoyés à son cerveau. Alors qu’il pense être un programmateur informatique, il dort à l’endroit représenté ci-dessus. Ce qu’il croyait être sa vie existait seulement dans son imagination.

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Dans le film, les câbles informatiques sont connectés au cerveau du personnage principal et permettent le téléchargement de certains programmes vers son cerveau.

Après le chargement du programme, la personne qui est en réalité assis sur une vieille chaise dans des vêtements miteux se voit assis ailleurs dans d’autres vêtements. Sa tenue est différente et ses cheveux sont plus longs. Son image est tout à fait différente de son image assise sur la chaise du simulateur.

Ce personnage refuse d’admettre la vérité car ce qu’il voit est trop proche de la réalité pour n’être qu’un rêve. Il touche le fauteuil et demande : « Ce n’est pas vrai ? ». La réponse qu’il reçoit: « Qu’y a-t-il de réel ? Comment définis-tu le réel ? Si tu parles de tes sens, ce que tu ressens, goûtes, sens ou vois, alors tout ce dont tu parles n’est que signaux électriques interprétés par ton cerveau. »

Ensuite ils lui montrent que le monde entier a été créé par un programme de simulation. Cela inclut tous les détails qu’il a vu : les voitures, le bruit de la ville, la circulation, les gratte-ciels, l’océan, les gens. Tout ce qu’il voit et vit est une animation au sein de son cerveau d’un programme informatique.

Le personnage qui lui montre les faits lui dit également que lui aussi vivait une vie virtuelle et s’imaginait que tout était réel. Pourtant le monde réel à cette époque était totalement différent. Il s’agissait d’un monde en ruine, détruit. Tous les beaux bâtiments modernes et les voitures ne sont que des éléments imaginaires dans son cerveau.

Il apprend que même l’histoire qu’il croyait réelle était un rêve et qu’il vit en fait à une toute autre époque.


 La vérité fondamentale révélée par l’hypnose

La technique de l’hypnose est un des meilleurs exemples pour illustrer cet environnement créé grâce aux stimuli artificiels. Lorsqu’une personne est hypnotisée, elle vit des événements extrêmement convaincants qu’elle ne peut différencier de la réalité. La personne sous hypnose voit des images, des personnes et différentes scènes, elle entend, sent et goûte une multitude de choses, mais rien de tout ceci n’est présent physiquement dans la pièce. Dans l’intervalle, en raison de ce vécu, elle est tantôt heureux, tantôt triste, tantôt excité, tantôt ennuyé, tantôt inquiète ou troublée. En outre, ce que la personne est en train de vivre en état d’hypnose se répercute sur son physique. Dans des transes hypnotiques très profondes, on peut observer certains types de symptômes chez la personne hypnotisée, telle l’augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, une rougeur de la peau, une température élevée et la disparition d’une douleur ou d’un mal existants.16

Lors d’une expérience, on raconte à un sujet sous hypnose qu’il est dans un hôpital et qu’au dixième étage il y a un patient sur le point de mourir. Cette personne a été hypnotisée avec l’idée que si elle accourt au chevet de ce patient avec les bons médicaments, le patient sera sauvé. Le sujet sous hypnose, pense alors qu’il se précipite au dixième étage. Pendant ce temps, il s’essouffle et a du mal à reprendre sa respiration, en raison d’une sensation d’extrême fatigue. Ensuite, on suggère au patient qu’il est bien arrivé au dernier étage, et qu’il a réussi à apporter les médicaments à temps, et qu’il peut maintenant s’allonger sur un lit confortable. Le sujet commence alors à se détendre.18 Bien que cette personne vive intensément les lieux et les atmosphères dans lesquels elle se trouve comme si ils étaient parfaitement réels, ces lieux, ces personnes ou encore ces événements comme il lui a été relaté, n’existent pas.

Lors d’une autre expérience, on suggère à un sujet sous hypnose qu’il est dans un bain turc et que la vapeur d’eau est très chaude alors qu’en réalité il se trouve dans une pièce « ordinaire ». Cette personne se met alors à transpirer.17

Le point très important se trouve ici. Pour qu’une personne se mette à transpirer, certaines conditions doivent être réunies. Dans la réalité, pour que nous ayons affaire à ce type d’hypnose, la personne sous hypnose doit avoir transpiré même s’il n’existe aucun facteur physique responsable de cette réaction. Cet exemple prouve clairement que l’existence des lieux ou de l’environnement n’est pas nécessaire pour ressentir physiquement l’un ou l’autre. Des effets similaires peuvent être simulés artificiellement ou sous hypnose.

Le spécialiste britannique d’hypnothérapie, Terence Watts, membre de nombreuses organisations dont l’Association britannique d’hypnothérapie, l’Association britannique des psychothérapeutes, le Centre professionnel d’hypnothérapeutes, l’Association de recherches en hypnothérapie, déclare dans un article que lors d’une séance d’hypnose, les personnes qui se souviennent d’un événement passé, présentent certains changements physiques liés à cet événement. Par exemple, s’il y avait suffocation dans l’événement remémoré, un sujet sous hypnose peut s’essouffler alors qu’il décrit cet événement et peut même s’arrêter de respirer l’espace d’un instant. Watts affirme que sous hypnose, même des marques de doigts étaient apparues sur le visage d’un de ses patients au moment où il s’est souvenu qu’il avait reçu une claque. Watts explique également qu’il n’y a rien de mystérieux, il s’agit d’une réaction à une sensation de douleur qui se produit dans le corps.18

Un des exemples observés les plus frappants lors de séances d’hypnose, c’est l’apparition de blessures par inculcation sur la peau de la personne sous hypnose. Par exemple, le chercheur Paul Thorsen, touche avec la pointe d’un stylo le bras d’une personne sous hypnose et lui suggère qu’il s’agit d’une brochette brûlante. Au bout d’un moment, une cloque (telle une brûlure au second degré) se forme sur la zone touchée par le stylo. De même, Thorsen suggère également à Anne O. qui se trouve sous hypnose que la lettre A s’est imprimée sur son bras après une forte pression. Bien que rien d’autre n’ait été effectué, on constate bientôt l’apparition d’une rougeur en forme de « A » sur ladite zone.19

Les chercheurs H. Bourru et P. Burot ont convaincu une personne sous hypnose que son bras avait été coupé, et après avoir marqué ce dernier au crayon, ils ont constaté des saignements à cet endroit.20

  1. A. Hadfield suggère à un marin sous hypnose qu’il va lui appliquer sur le bras une barre d’acier brûlante et que son bras va brûler. Mais, il l’a uniquement touché délicatement avec son doigt, puis il a couvert son bras. Six heures plus tard, lorsque la couverture a été retirée, on constatait une légère rougeur et bouffissure sur cette zone. Hadfield affirme que « le jour suivant, la boursouflure s’est agrandie et a cloqué comme une brûlure. »21

Ces changements qui se sont produits au niveau du corps humain sous hypnose montre que nous n’avons pas besoin du monde extérieur pour ressentir des sensations visuelles, sonores, tactiles, de douleur ou de maladie. Par exemple, bien que cette barre de fer brûlante n’existe pas « dans le monde extérieur », si la personne en est convaincue, une brûlure va alors se former sur son bras.

Ces exemples montrent que lorsque nous étudions la manière dont une image se forme et lorsque nous suivons l’évolution technologique, tout en ajoutant à ces connaissances également les techniques de manipulation de la conscience comme l’hypnose, alors une certaine vérité se révèle. Au cours de son existence, l’homme est convaincu qu’il vit dans un monde qui existe à l’extérieur de son corps. Cependant, tout ce qui fait que ce monde existe n’est en fait qu’une interprétation de signaux effectuée par notre cerveau dans les centres sensoriels. En d’autres termes, nous ne pourrons jamais être en contact avec un monde autre que celui qui se forme dans notre esprit. Nous ne pourrons jamais connaître ce qui ce passe ou existe à l’extérieur de notre personne. Nous ne pouvons pas affirmer que les sources des signaux transmis à notre cerveau ont une existence physique à l’extérieur de nous. Cette réalité a commencé à figurer dans les ouvrages scientifiques et à être enseignée dès le lycée. Le problème est que les personnes ne considèrent pas le sens de ces faits édifiants.

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Après avoir été hypnotisée, cette personne s’imagine grimper dix escaliers à toute vitesse. Elle finit par perdre haleine et par se fatiguer. La personne hypnotisée vit dans l’environnement produit par l’induction hypnotique et l’accepte comme étant réel en dépit de l’inexistence de l’endroit, des gens et des incidents dont on lui parle.

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Il est très clair que de simples cellules ne peuvent pas octroyer à une personne une conscience, une intelligence, la capacité de penser et de parler ainsi que des sentiments d’amour, de compassion, de miséricorde, de nostalgie.


 Le temps est un concept né de la comparaison d’un instant à un autre

Le temps est un concept qui dépend totalement de nos perceptions et de la comparaison que nous faisons entre nos perceptions. Prenons un exemple. Vous êtes à ce moment précis en train de lire ce livre. Supposons qu’avant cela, vous avez pris une collation dans la cuisine. Vous pensez qu’il y a un écart entre le moment où vous étiez dans la cuisine et ce moment-ci. Pour vous, cet écart représente le temps. En fait, votre mémoire a enregistré l’information selon laquelle vous avez mangé dans la cuisine. Ensuite, vous comparez le moment présent avec l’information emmagasinée dans votre mémoire et l’assimilez à la notion de temps. Sans cette comparaison, le concept temps disparaît et existe alors uniquement l’instant présent.

La cérémonie de remises de diplômes est un événement marquant. En comparant les autres informations en mémoire depuis la fin des études, avec le moment présent, l’individu se fait une idée du temps passé. Mais ce sentiment de longueur ou de brièveté est interne au cerveau.

De la même manière, lorsqu’on observe un individu se pencher pour ramasser un crayon tombé au sol et le reposer sur la table, il établit une comparaison. L’observateur enregistre les gestes de l’individu qui se penche, qui ramasse le crayon, qui place le crayon sur la table comme des informations dans son cerveau. La perception du temps naît de la comparaison de ces informations entre elles.

Le physicien Julian Barbour définie le temps de cette manière :

« Le temps n’est rien qu’une mesure des positions changeantes des objets. Un pendule oscille, les aiguilles de l’horloge avancent. »22

En résumé, le temps est composé de quelques informations enfouies dans la mémoire dans le cerveau. Il découle de la comparaison d’images. Si quelqu’un était dépourvu de mémoire, il vivrait seulement dans le temps présent. Etant donné que son cerveau est incapable de faire ces interprétations, il ne peut pas avoir le sens du temps.


 Le temps est une perception: opinions des scientifiques

Aujourd’hui il est scientifiquement reconnu que le temps est un concept issu de l’arrangement séquentiel défini des mouvements et des changements. Nous essaierons de clarifier l’ensemble en proposant des exemples des penseurs et des scientifiques ayant établi cette vérité.

Le physicien Julian Barbour provoqua un grand remous dans le monde scientifique avec son livre intitulé La fin du temps (The end of time) dans lequel il examina les notions de l’intemporalité et de l’éternité. Il montra qu’il était difficile pour beaucoup d’entre nous d’accepter l’idée que le temps est une perception. Une entrevue avec Barbour dans le magazine Discover reprenait les commentaires suivants à propos du temps étant une perception :

« J’ai encore du mal à l’accepter », dit Barbour. Mais bon, le sens commun n’a jamais été un guide fiable pour comprendre l’univers. Les physiciens confondent nos perceptions, depuis que Copernic était le premier à suggérer que le soleil ne tourne pas autour de la terre. Après tout, nous ne ressentons pas le moindre mouvement de la rotation dans le vide de la terre à quelques 67.000 miles par heure. Notre sens du passage du temps, affirme Barbour, est aussi butée que le credo de la Société de la Terre Plate. »23

Comme nous pouvons le voir ci-dessus, ce célèbre physicien souligne que toute idée que nous ayons du temps absolu est fausse. La recherche effectuée en physique moderne vient le confirmer d’ailleurs. Le temps n’est pas absolu ; c’est une perception variable et subjective dépendant des évènements.

François Jacob, penseur, lauréat du Nobel et professeur en génétique de renom, écrivit dans son livre Le jeu des possibles ceci à propos de la possibilité d’un retour en arrière dans le temps :

« Les films en retour rapide nous permet d’imaginer un monde où le temps s’écoulerait en arrière. Un monde dans lequel le lait se sépare du café et sort de la tasse pour retourner dans le pot à lait ; un monde où les rayons lumineux sont émis depuis les murs pour être collectés dans un piège (centre de gravité) au lieu de jaillir de la source lumineuse ; un monde où la pierre revient dans la paume d’un homme par la coopération étonnante d’innombrables gouttes d’eau permettant à la pierre de sortir de l’eau. Pourtant, dans un tel monde où le temps présente ces caractéristiques contraires, les processus de notre cerveau et la manière qu’a notre mémoire de compiler l’information fonctionneraient également dans le sens inverse. La même chose vaut pour le passé et le futur et le monde nous apparaîtra tel qu’il apparaît actuellement. »24

Parce que notre cerveau fonctionne en arrangeant les événements en séquence, nous ne croyons pas que le monde fonctionne comme il décrit ci-dessus. Nous sommes persuadés que le temps fonctionne toujours en avant. Or, cette décision provient de notre cerveau. En cela, elle est tout à fait relative. Si l’information dans notre cerveau était arrangée comme un film projeté en mode retour, nous assimilerions le temps à un film projeté dans le sens inverse. Dans cette situation, le passé deviendrait le futur et le futur serait le passé. Notre mode de vie serait totalement opposé à ce que nous vivons actuellement.

En fait, nous ne pouvons pas savoir comment le temps fonctionne, s’il y a fonctionnement. Cela démontre que le temps n’est pas une réalité absolue, mais seulement une sorte de perception.

Albert Einstein, le grand physicien du 20ème siècle, démontra que le temps est une perception dans sa « Théorie générale de la relativité ». Dans son livre, L’univers et Dr. Einstein (The universe and Dr. Einstein), Lincoln Barnett dit :

« Avec l’espace absolu, Einstein renonça au concept du temps absolu – d’un flux de temps constant, invariable, inexorable, universel, s’écoulant de l’infini passé vers l’infini futur. Tout comme l’espace est simplement un ordre possible des objets matériels, le temps est simplement un ordre possible d’évènements. La subjectivité du temps est mieux expliqué avec les propres mots d’Einstein. « Les expériences d’un individu nous semblent arrangées en une série d’évènements ; dans cette série, les seuls évènements dont nous nous rappelons semblent être ordonnés selon le critère du ‘plus ancien’ ou du ‘plus récent’. Il existe par conséquent, pour l’individu, un temps Moi, ou un temps subjectif. Ce n’est pas mesurable en soi. Je peux, en effet, associer des nombres avec des évènements, de telle sorte qu’un nombre supérieur est associé avec l’événement ultérieur plutôt que l’événement antérieur. »25

Grâce aux explications d’Einstein, nous pouvons comprendre que l’idée selon laquelle le temps avance est une réponse totalement conditionnée.

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